Services publics et finances publiques : ce que prépare le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan – La CFTC vous en parle

Deux documents du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) relatif à l’exercice de prospective nationale « France 2035, France 2050 » dessinent le cadre des arbitrages des prochaines années pour les services publics notamment pour la DGFiP. Le focus « Administration et services publics » est piloté par la directrice générale de la DGFiP. Ce sont des projections, pas des décisions, mais elles nous concernent directement.

L’arithmétique : 140 milliards d’euros d’effort d’ici 2031

Le focus « Finances publiques » (juillet 2026) part d’un déficit de 5,1 % du PIB et d’une dette de 115,6 % en 2025. À politiques inchangées, la dette atteindrait 140 % du PIB en 2035 et 186 % en 2050. Pour tenir les règles européennes, le rapport évalue l’effort à environ 4,4 points de PIB d’ici 2031, soit près de 140 milliards d’euros, et jusqu’à 200 milliards avec les engagements sur la défense et le climat. Il reconnaît qu’aucun levier ne suffit seul et que le rythme pourrait être discuté pour ne pas trop peser sur l’activité.

Des services publics moins financés

Le focus « Administration et services publics » (septembre 2026) dénonce la « dérosion » des services publics : toujours plus d’objectifs, des moyens stables ou en baisse. Il prévoit pourtant que le financement de la majorité d’entre eux va encore baisser, propose un « socle » de services garantis, invite à « assumer la réduction d’ambition » des autres, évoque une tarification selon le revenu et une déconcentration accrue. À l’horizon 2050, il imagine des décisions individuelles prises par des « agents IA » et, pour la DGFiP, la fin de la déclaration de revenus et des centres des impôts fusionnés avec des services sociaux.

Ce que cela peut signifier pour les agents

Les projections retiennent de la tendance actuelle une évolution des rémunérations publiques plus lente que celle des salariés, donc un recul du pouvoir d’achat relatif des fonctionnaires. Avec la défense et le climat en priorité, l’effort devrait porter « plus fortement » sur les autres postes budgétaires.

Ce que porte la CFTC DGFiP

  • Le pouvoir d’achat : une politique salariale qui empêche le décrochage des rémunérations publiques.
  • Des missions avant des économies : aucune « réduction d’ambition » sans débat public et concertation avec les organisations syndicales.
  • Des effectifs et des moyens pour le contrôle fiscal, la lutte contre la fraude et l’accueil, avant tout objectif de rendement.
  • Un contrôle humain réel sur les décisions qui touchent un usager, et aucune automatisation sans garanties de cybersécurité.