DGFIP : Péril en la demeure ! (liminaire au CSAR du 7 juillet)

Le 7 juillet, lors du CSAR réuni en première convocation, nous avons dressé un état des lieux sans détour de la situation à la DGFiP et exigé des réponses concrètes. La liste des signaux d’alerte est longue. Face à ces constats préoccupants, nos revendications sont claires précises et urgentes.

Déclaration liminaire


Solidarité face à l’inacceptable

Avant d’aborder l’ordre du jour de cette instance, nous ne pouvons commencer sans exprimer notre solidarité avec notre collègue, agente C stagiaire, qui a a été victime d’une violente agression alors qu’elle quittait l’ENFiP de Noisiel et des deux collègues qui ont assister à cette agression et subissent le traumatisme de cette attaque. Nous leur adressons ici tout notre soutien et resterons attentifs à l’accompagnement qui leur sera apporté. Mais nous avons noté que la DGFIP a été attentive à la situation.

Une administration à bout de souffle

Dans un contexte budgétaire que l’on nous présente comme contraint et d’austérité assumée, la DGFIP, administration fortement sollicitée depuis des années, se trouve aujourd’hui à l’épuisement de sa capacité à absorber les suppressions d’emplois sans compromettre la qualité du service public. Depuis 2013, ce sont près de 25 000 postes supprimés, soit plus de 16 % des effectifs. La revue des missions récemment rendue publique par Bercy souligne ce constat et laisse entrevoir de nouvelles orientations dès 2026.

Des choix comptables aux conséquences humaines

Ces décisions, motivées par une logique strictement comptable, ont des conséquences humaines, territoriales et sociales lourdes. L’alliance CFDT-CFTC alerte sur cette impasse et réaffirme l’urgence de repenser les politiques publiques en intégrant des enjeux de qualité de service, de cohésion sociale et de conditions de travail décentes pour les agents.

Dans ce contexte, nous avons aussi pris connaissance de l’instruction 2025-04-1372 du 14 avril publiée sur ULYSSE. Sous couvert de gouvernance et de mesure d’efficience, l’instruction inquiète légitimement. Au-delà de l’affichage se profile un outil de classement des directions annonciateur de nouvelles restructurations non assumées. L’alliance CFDT-CFTC demande des éclaircissements sur les finalités réelles de ce dispositif et l’arrêt de cette fuite en avant managériale. L’efficience sous le seul prisme du coût associé à des jolis mots comme NRP +, pilotage des emplois…, tout un panel de projets qui vont contribuer à l’ambiance au sein de notre administration.

Ambiance de travail : entre convivialité et désillusion

Parlons justement de l’ambiance telle qu’elle ressort des résultats de l’observatoire interne :

À la DGFiP, l’ambiance de travail oscille entre convivialité locale et malaise institutionnel. Si 73 % des agents se disent satisfaits de l’ambiance dans leur service, le quotidien reste marqué par l’inquiétude, la fatigue et le sentiment d’un avenir professionnel incertain. La perte de repères liée aux réorganisations incessantes et à des perspectives de carrière limitées nourrit un climat de désillusion où l’engagement des agents reste porté davantage par le sens du service public que par l’adhésion à leur administration. Car derrière les chiffres et les tableaux de bord, ce sont des agents, des équipes et des services publics de proximité qui tiennent encore debout, souvent par conviction et sens du service public plus que par reconnaissance de leur administration.

Sur le terrain, cette dégradation se manifeste à travers plusieurs dossiers d’actualité.

Suicides : une alerte majeure

Et pour commencer, celui qui nous interpelle tous, celui des suicides. Nous porterons une attention particulière à la réunion du 9 juillet sur la prévention des suicides à la DGFIP. Si la présentation par un psychiatre renommé peut être utile à notre meilleure compréhension, ce n’est qu’une première étape. La responsabilité de l’administration dans l’organisation du travail devra être posée clairement. Et nous ne pourrons nous dispenser d’avoir cet échange.

Affectations locales : un process à recadrer

Concernant les affectations locales au choix, la situation est proprement ubuesque. D’abord, la note de cadrage nationale a porté une interprétation du process qui n’a pas été concertée ni en GT, ni en CSAR. Ensuite, cette note se voit déclinée de manière anarchique dans certains départements, créant tensions et démotivation. Pour couronner le tout, les directions ne savent pas comment gérer les frais de déplacement engendrés par les entretiens des postulants et les dits postulants se voient demander de passer leurs entretiens en dehors de leurs heures de travail. Est-ce à dire que pour obtenir une mutation, il faut passer des entretiens par visioconférence après 20 h ou le dimanche ? Ou mieux le 1er mai !! En tout cas jusqu’à ce que le Sénat ait voté la suppression du seul jour chômé et payé ?

À la suite du choix des directeurs, des recours ont été engagés au niveau local et la colère monte. L’alliance CFDT-CFTC exige un recadrage immédiat, le respect des droits fondamentaux et des engagements pris en instance.

Prolongation d’activité : une gestion indigne

Autre sujet de préoccupation RH: la gestion des prolongations d’activité au-delà de 67 ans pour les Inspecteurs des Finances Publiques. Le délai de réponse de l’administration, qui intervient souvent tardivement et défavorablement, prive ces collègues de la possibilité de se positionner sur des avancements, en l’occurrence IDIV à titre personnel, les contraignant parfois à un départ précipité. Cette gestion est indigne et appelle l’ouverture rapide d’un espace de concertation pour dégager des solutions équitables.

Des enjeux RH et organisationnels à clarifier


Enfin, le dossier des contractuels et leur CDIsation demeure opaque. Quelles sont les règles ? Le calendrier ? Les fonctions concernées ? L’alliance CFDT-CFTC exige un cadre clair, des critères transparents et l’assurance d’un traitement équitable.

Sur le plan climatique et sanitaire, il ne vous a pas échappé que l’été est chaud et que ceux qui suivent le seront vraisemblablement. Or, la gestion des épisodes caniculaires reste largement insuffisante à la DGFIP. Les circulaires arrivent tardivement et le recours au télétravail exceptionnel demeure rare et conditionné aux seules alertes rouges, là où d’autres administrations comme l’INSEE l’intègrent dès le niveau orange. L’exemple des ENFiP de Noisiel et Clermont-Ferrand, véritables fours estivaux, illustre ce manque d’anticipation. La réponse durable passe par une rénovation énergétique ambitieuse de nos bâtiments. L’alliance CFDT-CFTC demande qu’un état des lieux soit présenté au prochain groupe de travail Écoresponsabilité.

En parallèle, des réorganisations de structures se poursuivent à bas bruit : PCE, huissiers… L’alliance CFDTCFTC rappelle qu’aucune réforme ne peut s’exonérer des procédures prévues et de l’accompagnement social indispensable.

En ce qui concerne les PCE, nous attendons également des clarifications sur le calendrier, les modalités des transferts d’emplois vers les DIRCOFI dans le cadre de la programmation Data Mining en 2026 et de la réforme des missions expertise et CFE d’ici 2027. Les impacts RH, les garanties statutaires pour les agents et les effets sur les indicateurs du CF aussi doivent être discutés en toute transparence et au niveau national.

Nous ne pouvons pas porter cette liminaire sans évoquer la RGP et les derniers arrêts de la Cour des Comptes. Les décisions Marana-Golo et commune de L’Éguille fragilisent encore davantage nos collègues, les exposant à des responsabilités déconnectées du préjudice réel. L’alliance CFDT-CFTC demande des garanties claires et des ajustements dans la future note d’instruction en cours de rédaction. D’ailleurs, quand cette note sera-t-elle finalisée ?

Concernant l’agenda social, nous vous rappelons que le CSAR prévu le 9 décembre entre en conflit avec une instance interne de notre organisation, programmée de longue date. Nous vous demandons de retirer cette date.

Nous souhaitons également que la négociation sur le télétravail soit enfin engagée. Ce sujet demeure prioritaire pour les agents et il est temps de passer des intentions aux actes. C’est au niveau de la direction que cela se joue, pas au travers de chartes locales diverses et variées qui tiennent peu compte des droits des agents.