Une table ronde organisée par la commission des finances de l’Assemblée Nationale à laquelle a été conviée la CFTC DGFIP s’est tenue ce mardi 31 mars. La CFTC DGFIP s’est exprimée sur le sujet en ces termes :
La panne « Hélios » est la conséquence visible de restructurations incessantes de notre administration sous la contrainte budgétaire depuis des dizaines d’années. Ces conséquences se traduisent par des insuffisances qui se sont télescopées et conjuguées lors de cet incident :
- Limites de la notion d’analyse risque qui prévaut aujourd’hui au moment d’arbitrer des choix d’allocation de budget sous la contrainte et d’analyse des résultats des missions sous le seul prisme de leur coût. Il en est ainsi également dans la sphère informatique, qui ne parvient pas à valoriser en interne les compétences informatiques ; les calendriers de mise en production d’applications ou de maintenances applicatives et de paliers applicatifs en subissent aussi les conséquences.
- Limites en moyens humains dont les effectifs ont été réduits depuis près de 20 ans à la DGFIP d’un volume sans comparaison dans l’administration (près d’1/3 entre la création de la DGFiP en 2008 140000 emplois et aujourd’hui moins de 95000) et qu’il faut mettre en parallèle d’une réorganisation incessante ou de restructurations, mises en œuvre soit en anticipation de ces suppressions soit pour les absorber a posteriori.
La DGFIP est au cœur de la vie économique de notre pays, tout le monde s’accorde sur ce constat, et tout concoure à conforter ce positionnement. Pourtant, au nom d’une exemplarité budgétaire qu’on n’exige pas d’administrations de justice, de sécurité, de défense ou d’éducation, la DGFIP tout aussi régalienne que celles-ci continue d’absorber à elle seule les suppressions nettes d’emplois de toute la fonction publique d’État.
L’incident Hélios est l’un des signes de la fragilité dans laquelle se trouve aujourd’hui la DGFIP, et dans laquelle les orientations budgétaires successives l’ont amenée. Malheureusement il y en a d’autres, notamment sur le plan humain, qui n’étaient pas l’objet de cette table ronde.
La CFTC DGFIP a conclu son propos par le constat qu’une DGFIP faible conduit à un Etat affaibli, parce que ses missions ne peuvent plus être réalisées avec l’assurance de fiabilité que son positionnement central exige.