Formations et qualifications informatiques (lundi 18 juillet 2005)
COMMISSION DE SUIVI DU SCHEMA DIRECTEUR INFORMATIQUE DU 11 JUILLET 2005
Pour les formations, les 5000 jours/agent ont été dépassés. Les engagements pris au lancement du SDI se poursuivent. La CFTC ne peut que souscrire à ce choix : Si l’on veut une informatique de pointe, il faut investir sur la formation. L’arrivée d’Hélios à grande échelle, et de Copernic derrière ne va pas aller à contresens de ce besoin.
Ce qui est plus inquiétant, c’est que la filière d’analyste n’attire plus, dans les nouvelles promotions. Or le besoin sur le terrain est de plus en plus grand : l’informatique d’aujourd’hui réclame plus de matière grise qu’autrefois. Les outils sont là pour aider mais pour s’en servir, il faut davantage de capacités d’abstractions.
Il est donc à craindre qu’un jour les ressources internes ne suffisent plus (déjà qu’elles sont tendues....)
La CFTC a été force de proposition dans ce domaine, lors de commissions précédentes en réclamant la création de « corps techniques » (ou autre formule à inventer), avec des recrutements appropriés. L’informatique est un métier à part entière. Il y a trente ans on pouvait compter sur la bonne volonté de quelques pionniers, aujourd’hui le métier d’aujourd’hui est devenu encore plus complexe.
Ce n’est pas en campant sur des positions de principe que l’on évoluera dans le bon sens. Des cursus universitaires préparent au métier ; ceci ne fait pas tout bien sûr, mais l’administration serait forcément gagnante d’avoir des débutants déjà « dans le bain ». Ce qui n’interdirait pas de donner une couche de formation aux métiers de la DGCP. Ce qui n’empêcherait pas non plus de permettre à des agents de la filière administrative d’évoluer, en complément, vers la filière informatique.
Les arguments avancés par la direction de souplesse de passerelles ne tiennent pas. Les retours vers la sphère administrative sont peu demandés. Et dans ce domaine, rien n’interdirait de trouver aussi des solutions de reconversion. Le pire est de laisser la situation actuelle perdurer : devant le tarissement des vocations, la seule solution qu’aura à proposer la direction sera l’externalisation.
Ce n’est pas ce que la CFTC souhaite. La DGCP a suffisamment de projets informatiques à gérer pour justifier une équipe importante d’informaticiens "maison" qui n’ont pas à sous-estimer leur travail effectué.
La CFTC est intervenue plus particulièrement sur deux points à cette réunion. En ce qui concerne la qualification de chef de projet, il serait nécessaire de remettre à plat le fameux décret de 71 : ne peuvent se présenter à cette qualification que des analystes ayant exercé 5 ans.
Or depuis le SDI, la qualification de PSE-CRA est ouverte aux analystes, comme aux programmeurs. Un analyste en fonction reçu PSE-CRA a tout intérêt à demander d’exercer avec cette qualification (la prime étant 50% plus élevée au niveau terminal), même s’il exerce toujours le même métier (CRA signifiant Concepteur Réalisateur d’Application). S’il n’a pas exercé 5 ans les fonctions d’analyste, il perd ainsi la possibilité de passer l’examen de chef de projet, ce qui est dommageable.
En même temps, la prime de chef de projet étant équivalente à celle de CRA, peu de personnes sont intéressées, ce qui risque de provoquer à terme un manque de chef de projet.
De plus, il serait logique qu’un chef de projet ait une prime plus conséquente, car il encadre des analystes, des PSE CRA, des programmeurs. C’est un organisateur, doté de compétences techniques (contrairement aux chefs de DI, qui peuvent être depuis quelques temps recrutés sans qualification informatique). Plus on va avancer dans le temps, plus ces chefs de DI auront besoin de s’appuyer sur des compétences pointues, reconnues.
La direction semble partager ce point de vue. Mais quelle sera sa marge de manœuvre à faire évoluer ce décret ?
La CFTC est intervenue aussi sur les frais de déplacement : les informaticiens sont amenés à faire des stages auprès de prestataires de services informatiques, situés généralement en région parisienne.
Or la réglementation de la couronne parisienne est celle de la province, et un stage d’une semaine peut donc coûter facilement 75 euros au participant, les tarifs d’hôtels n’étant pas bien évidemment ceux de province.
La direction a bien reconnu le problème, mais pensait qu’il y avait des moyens de souplesse. Sur le terrain, nous sommes contrecarrés par les budgets déconcentrés : il faut trouver des économies partout et les informaticiens coûtent cher en déplacements (en plus ils passent leur temps à se balader !...).
Il est anormal que les agents soient de leur poche à l’occasion de ces efforts personnels consacrés à la formation.
Pas de réponse immédiate bien sûr. La CFTC a souligné que le texte en cause relève du MINEFI, et qu’on devrait pouvoir régler ceci plus facilement que le décret de 71 qui est fonction publique.
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